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 Mehrnoushe Solouki: femme emprisonnée en Iran

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MessageSujet: Mehrnoushe Solouki: femme emprisonnée en Iran   Mer 13 Fév 2008 - 19:19

Rue89 a écrit:

Solouki: "J'entendais les cris de femmes qui se faisaient gifler"



Arrivée en Iran en décembre 2006 pour y tourner un documentaire, la journaliste Franco-iranienne s'y retrouve deux mois plus tard en prison. Acquittée, de retour en France, elle tire les leçons de cette expérience.




De cette aventure, je suis sortie indemne; même si tout le matériel que j’avais recueilli pour le documentaire sur les événements de 1988 finira dans les archives secrètes du ministère du Renseignement iranien. Durant cette année d'épreuves où j’ai été retenue contre mon gré en Iran, les médias, les amis du Canada et moi-même avons fait connaître les faits concernant mon arrestation, mon emprisonnement, mon assignation à résidence, l’ignorance du sort qui m’attendait dans laquelle les autorités iraniennes m’ont tenue mois après mois et le procès pour "intention de propagande contre le régime iranien".
Nous avons également évoqué les souffrances des milliers de familles qui réclament depuis dix-neuf ans la vérité sur ce qui est arrivé à leurs enfants, leurs frères et leurs sœurs disparus.
Aujourd’hui, il faut nous demander pourquoi le Comité de réception (organe ministériel iranien) n'a pas stoppé mon travail dès le départ. Quelque temps après le début du tournage, j’ai informé les Services iraniens des orientations que j'allais donner à mon documentaire. Pendant trois mois, notre équipe – munie de toutes les autorisations nécessaires – a pu travailler sans entraves.
Nous avons tourné sur les lieux où ont été jetés dans des fosses communes les corps de milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes massacrés dans un bain de sang en août 1988, boucs émissaires d’une vengeance aveugle et d’une riposte à l’attaque d’opposants au régime de Téhéran, armés en territoire irakien avec l’appui militaire de Saddam Hussein, ainsi que des entrevues avec des familles des disparus.
Cette aventure aurait pu se terminer dès les premiers mois, lorsque les geôliers de la prison d’Evin où j’étais incarcérée ont proposé de me commander un reportage documentaire, qui aurait tenu lieu de "sésame" pour ma libération et aurait été un moyen de faire restituer cinquante pour cent du matériel de mon film.
J’ai refusé au même moment où je me suis trouvée confrontée au silence des représentants diplomatique de France. Dès avril 2007, l'ambassade de France avait refusé d'intercéder auprès des autorités iraniennes:
"Nous ne pouvons rien faire, l'Iran ne reconnaît pas la double nationalité, déclarée comme une situation aggravante."
Les services consulaires se gardent de répondre par écrit à mes demandes comme celles de mon avocat. A l'occasion, le consul de France rétorque:
"Ce n'est pas parce qu'on possède le passeport français qu'on est Français!"
Ce silence à mon endroit, je l’ai ressenti comme un silence coupable, voire complice.
Les Irano-américains ont été retenus à la même période. Ils ont, pour leur part, bénéficié d'un soutien visible et efficace de leurs autorités de tutelle.
Les représentants diplomatiques de l'ambassade de Suisse (protecteurs de l'intérêt des Etats-Unis en Iran) sont intervenus auprès du parquet iranien. Ils ont par ailleurs relayé l'affaire au plus haut niveau du Département d'Etat. Des responsables politiques de premier plan, notamment G. W. Bush ou encore Hillary Clinton, ont exprimé publiquement leur solidarité et leur inquiétude.
Ainsi, les Irano-américains furent liberés en septembre 2007. Les avocats iraniens des droits de la personne sont coutumiers de ce constat:
"La France défend particulièrememt mal ses ressortissants, à la différence de la plupart des pays anglo-americains."
Cependant, le conservatisme des politiciens perdait tout sens face à l'urgence d'informer.
Révolution de velours à la prison des femmes d'Evin
Lors de mon incarcération à la prison d'Evin, j'entendais les cris de femmes qui se faisaient gifler. Étaient-elles des femmes kamikazes qui voulaient mourir déchiquetées dans une rue quelconque à condition d’emporter des ennemis avec elles? Réponse d'un geôlier:
"Non, ces femmes veulent l'égalité avec les hommes, donc elles menacent la sécurité du pays."
En fait, elles avaient été arrêtées lors de la manifestation du 8 mars qui marquait la Journée internationale des femmes…
Récemment, au début de 2008, les journalistes iraniens ont évoqué le fait que les Services iraniens "préparaient une liste noire où figuraient les noms de deux mille personnes" à qui on réglerait leur compte en cas d’attaque militaire. Parmi ces personnes il y aurait des intellectuels, des écrivains, des universitaires et des avocats spécialisés en droits de la personne. Une autre hécatombe à la Khavaran se dessine-t-elle?
Aujourd’hui, je m'inquiète pour les femmes qui se faisaient gifler à Evin. J’avais vu des images de la prison de Guantanamo et des hommes qui y étaient détenus et j’avais lu des articles sur le sujet. Mais je n’aurais jamais cru qu’un jour, je me retrouverais dans un lieu lui ressemblant. Si la prison d’Evin n’est évidemment pas Guantanamo, c’est probablement parce que c’est le plus grand bagne au monde pour les femmes journalistes, les féministes militantes et les étudiantes.
Pourquoi au cours des trois dernières années, les mollahs se sont-ils tellement acharnés contre les femmes? À cause des déclarations irresponsables du président américain et de sa secrétaire d’État, qui ont déclaré que les États-unis allaient accorder du "financement aux mouvements de femmes en Iran." Fuite en avant qui a excité la paranoïa des mollahs sur la possibilité d’une "révolution de velours"; pourtant, c'est la même "révolution de velours" qui a pris le pouvoir en 1979.
Je n'ai pas oublié ces souvenirs d’enfance de janvier 1979 où les soldats de la cinquième armée du monde, la même armée qui tirait sur les civils en septembre 1978, ouvraient la voie aux foules qui, annonçant la fin de vingt-cinq siècles de monarchie, préparaient l’arrivée au pouvoir des islamistes et l’avènement de l’âge des juristes-théologiens.
Dans les premiers jours de février, dans la rue, le peuple en liesse accompagnait les membres du clergé, échangeant des fleurs avec les soldats, se félicitant de "la mort du roi déchu". Un spectacle émouvant. Parfaite mise en scène, les cadets de l'armée de l'air se sont rendus au siège du leader de la révolution islamique pour lui jurer fidélité. Arrivé de son exil parisien sur un avion d’Air France quelques jours auparavant, Khomeiny était maître de la situation à Téhéran. La joie était immense et la façade de l'ambassade de France, couverte de fleurs.

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MessageSujet: Suite & Fin   Mer 13 Fév 2008 - 19:20

Rue89 a écrit:


Il en allait autrement à l'ambassade des Etats-Unis, où il a fallu redoubler la protection contre des attaques armées par des groupes d'extrême gauche.
Président Jimmy Carter avait beau espérer "l'avènement d'une démocratie en Iran", les islamistes ont bientôt trahi leur promesse en célébrant leur victoire dans le sang des dirigeants de l'ancien régime.
Je me souviens aussi de ce beau matin d'avril 1979, où ma voisine, jeune étudiante en médecine aux idées d’extrême gauche, frappa à la porte de notre maison et annonça avec joie à ma mère que l’ancien premier ministre du chah et la première femme à gérer le ministère de l’Education nationale en 1971, Faroukhrou Parsa, avaient été exécutés. Et qu’est-il advenu de la jeune voisine? Deux ans plus tard, elle fut tuée avec son cousin dans les batailles inter-idéologiques entre des islamistes et des groupes d'extrême gauche.
Tristesse des vies brisées du temps passé et flash-backs qui montrent comment le monde a changé. La mondialisation économique et la révolution dans les communications élargissent le dialogue entre les peuples.

Les Iraniens bercés par la Voix de l'Amérique
Un peuple iranien différent de ce qu’en dit la propagande islamiste. La société iranienne ne vit plus dans les années 1970, elle n'est plus exclue de l'information. Bien au contraire, la prise de conscience des Iraniens les a conduits à joncher les toits des maisons d’antennes paraboliques. En ville comme à la campagne, y compris dans certains villages reculés, des antennes paraboliques peuplent l’espace. A Téhéran, les toits ressemblent à une forêt de métal. Des dizaines de chaînes d'information et de loisirs diffusent des émissions en langue persane concurrençant les chaînes d’Etat.
La chaîne la plus diffusée est Voice of America qui atteint soixante pour cent des téléspectateurs iraniens. Les vaines tentatives du régime de parasiter la chaîne américaine l’ont finalement conduit à accepter bon gré mal gré cette cohabitation. La chaîne Voice of America est devenue dès lors pour la classe
moyenne une fenêtre sur le monde extérieur. Sa programmation est diversifiée et offre un riche menu de documentaires, de tables rondes et de reportages. On y retrouve aussi des tribunes interactives entre journalistes, hommes politiques américains et téléspectateurs iraniens. Qu’ils soient démocrates ou
républicains, des sénateurs du pays du "grand Satan" répondent aux questions de téléspectateurs qui les appellent de villes iraniennes. Des intellectuels et des artistes américains participent également à ces rencontres et donnent parfois leur vision de l'Iran. Ainsi, Iraniens et Américains confrontent leurs idées et s'enrichissent mutuellement.
Face à cette concurrence, la télé Made in Iran a dû modifier sa programmation. Des émissions interactives font désormais partie de sa grille horaire, mais l’accent est décidément antiaméricain, que ce soit lors
d’enquêtes sur les faiblesses du système politique ou de reportages sur les violations des droits de la personne en Irak et aux Etats-Unis. Dans cette confrontation médiatique, il semble que le public soit porté à faire moins confiance à sa télévision nationale, surtout quand il entend son "Guide Suprême élu par le Ciel" riposter à un Américain du nom d’Obama que c’est lui "qui va décider quand il faut dialoguer avec les Américains…" "Veut-il devenir l'empire islamique du Moyen-Orient?" m’écrivait un étudiant dans un courriel. Pour se faire, faudra-t-il écraser des femmes, casser les dents aux chefs de syndicats de chauffeurs, exhiber à la télévision les aveux d’universitaires binationaux?
Evidemment, Voice of America est la voix de l’Amérique, mais elle est aussi la voix des Iraniens qui n’ont pas de voix dans leur pays. Les journalistes privés de liberté d’information, les avocats des droits de la personne voulant informer le public sur la situation de leurs clients en détention, les étudiants de toute tendance, les partisans de la gauche, les islamistes réformateurs et tous ceux et celles qui veulent se faire entendre tentent de faire passer leur message par cette caisse de résonance que représente la chaîne.
Il suffit que le doyen de la Columbia University de New York fasse des reproches au président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour que le lendemain, les gens de la rue reprennent ses propos sur un mode goguenard aux dépens du président: "La petite dictature qui prive les Iraniens de leur droit à la
parole."
Alors que les autorités américaines ont refusé à Ahmadinejad de déposer des fleurs au mémorial des victimes du World Trade Center à New York, les militants des droits de la personne ont invité le Président à rendre visite au charnier de Khavaran, lieu où ont été entassés dans des fosses communes les milliers de victimes du massacre de 1988, visite qu’il pourrait faire sans visa ni permis.
Pourtant, la réalité quotidienne dépasse ce que présentent les chaînes et les journaux sur le web. La population fait sa lente révolution au sein des foyers. Ahmadinejad est devenu l'objet des moqueries et de la dérision des jeunes, l’objet de milliers de messages SMS qui filaient tous les jours de portable en portable jusqu'à ce que récemment, les Services iraniens se mobilisent pour intercepter tous les SMS qui contiennent le nom de Ahmadinejad, renommé "Abolhol de Téhéran" (en persan, ce terme fait allusion à quelqu’un à l’air très chic, mais qui, en réalité, est sans substance).

Ces derniers jours de Téhéran, par-delà le bien et le mal
À l’aéroport de Téhéran, les douaniers m’ont saluée en me laissant regarder les rushes de Persépolis que j’avais filmés avant de commencer mon documentaire comme pour souligner le fait que le roi de Perse, Cyrus, fut le premier à instaurer les droits individuels au Moyen-Orient (le 29 octobre 539).
Ces derniers jours en Iran, les autorités se sont empressées de tout mettre en œuvre pour que je quitte l’Iran le plus rapidement et dans les meilleures conditions… comme pour faire réfléchir les amis canadiens au fait qu’un jour les choses pourraient se dérouler autrement.
Mais moi, à travers tous ces gestes de bienveillance, j’ai senti le regret d’un peuple qui a un jour haï son passé de vaincu en chassant et en supprimant des êtres qui aimaient leur pays et constituaient sa richesse. Aujourd'hui, ce peuple rend hommage à ces hommes et à ces femmes en se souvenant d’eux et en reconnaissant les erreurs du passé. Les amis iraniens m’ont ainsi appris à aimer les souvenirs d'une année d'épreuves et de souffrances, avec tout le mal et le bien qu’elle a comportés.

Mehrnoushe Solouki


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