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Nombre de messages: 9190 Age: 95 Localisation: Taberdga Date d'inscription: 25/11/2007
Sujet: Mme Tayati limogée pour n'avoir pas plié l'échine devant le ministre Ould Abbès Ven 1 Oct - 12:57
Citation:
En bon français, ce s'appelle un abus d'autorité. Au ministère, on appelle cela une rotation de personnel. En définitive, une directrice d'un établissement hospitalier public a perdu son poste, non sans avoir été rabrouée, humiliée et pratiquement limogée devant les caméras de la télévision nationale. Mme Tayati, directrice de l'EPSP à Bab-el-Oued, a osé tenir tête au ministre de la Santé. Elle est relevée de ses fonctions. Une rotation de personnel, dit le ministère. Une sanction, plutôt!
La scène se passe au JT de 20 heures de l’ENTV du jeudi 23 septembre 2010. La présentatrice lance son sujet : «La visite inopinée demeure l’un des moyens de se rendre compte de la réalité des choses. C’est le moyen utilisé dernièrement le ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, Djamel Ould Abbes, qui a effectué, aujourd’hui, une visite surprise dans deux EPSP à Bab El Oued, dans la capitale. La bonne gestion et les conditions d’accueil des malades ont donné satisfaction au ministre qui a, par contre, déversé toute sa colère sur certains responsables qui ont manqué à leurs devoirs envers les malades. Le ministre a, toutefois, tenu à féliciter les staffs personnels des ces deux unités situées dans le plus grand quartier populaire du pays en termes de densité démographique.» Une fois n'est pas coutume, l'équipe dépêchée par l'ENTV pour suivre la visite inopinée du ministre était munie de ...4 caméras.
La présentatrice du journal déroule son commentaire alors que défilent des images du ministre visitant les différentes parties de l’établissement en question. Quelques secondes après l’arrêt du commentaire, on aperçoit le ministre faisant face à Mme Tayati, la directrice de l’EPSP, habillée d’un tailleur jaune. On entend le ministre lui intimer un ordre : «Vous me laissez terminer!» Mme Tayati : «Allez-y… »Le reste de la phrase est inaudible à cause d’une sonnerie de téléphone). Le ministre :«Ne prenez pas ce ton!». Mme Tayati: «Je parle correctement…»
Après quelques instructions sur l’accueil des malades, le ministre demande à Mme Tayati de lui montrer les différents services. Celle-ci le devance dans l’étroit couloir avant de s’arrêter devant une pièce dont la porte est fermée à clé. On l’entend vaguement préciser qu’il s’agit du cabinet du médecin chef, absent en l’occurrence. Le ministre : «Vous l’avez signalé au ministre…euh…au ministère?» Suit une question inaudible de la directrice, dos tournée à la caméra. Le ministre: «Oui, comme quoi le médecin chef n’est pas là…il faut qu’on le sache…au ministère, pas au ministre…». La directrice : «Mais, on n’a jamais signalé l’absence…on n’a jamais signalé les congés…». Le ministre l’interrompt brutalement : « Baissez le ton! Baissez le ton!...», lui ordonne-t-il en faisant un geste de la main à plusieurs reprises. La directrice : «Je vous parle…je vous réponds..». Le ministre ne lui donne aucun seconde de répit : «Baissez le ton!...». la directrice : «Alors je ne réponds plus…» Le ministre: «Allez dans votre bureau! Allez dans votre bureau ! ». la directrice: «Merci, il n’y a pas de problème!». Elle tourne les talons et quitte le ministre et sa délégation. La séquence suivante montre le ministre exprimant sa grande satisfaction des progrès qu’il a constaté, félicitant des travailleurs en blouses blanches réunis autour de lui, etc, etc, etc...
S’il n’y avait que cela, l’incident serait d’une banalité affligeante tant il est de coutume de voir des hauts responsables algériens, à leur tête le président de la République, passer de mémorables savons à des responsables qui n’avaient d’autre choix que de courber la tête et l’échine. Mais voilà, les chose ne sont pas restées là. Cinq jours après la diffusion de ce reportage, la directrice l’EPSP de Bologhine, Mme Tayati, a été limogée de son poste et mutée à la clinique des Orangers avec le grade le plus inférieur. Clinique dont elle était sous-directrice quelques années auparavant. En dépit de nos multiples tentatives d'entrer en contact avec l'intéressée, celle-ci n'a souhaité s'exprimer sur le sujet. Des proches de cette mère de trois enfants révèlent que depuis son limogeage, son téléphone n'a pas cessé de sonner. Des collègues, des amis, des fonctionnaires ne cessent de l'appeler pour lui apporter soutien et lui manifester leur solidarité. Des travailleurs de l'EPSP lui ont également adressé des motions de soutien.
Relevée de son poste? Pas du tout, répond le chargé de communication du ministère de la Santé, Slim Belkacem. Dans une déclaration accordée à El Watan.com, ce responsable explique candidement que le départ de Mme Tayati de son poste obéit à une mouvement de personnel. « Il s'agit d'un processus qui a débuté en avril dernier, argue-t-il. Plusieurs responsables de CHU ont été d'ailleurs mutés à l'époque vers d'autres établissements. Pour preuve, le directeur du CHU Mustapha Bacha s'est retrouvé à Sidi Bel Abbès, celui de Douéra au CHU de Bab El-Oued. Et maintenant, c'est autour des EPSP de connaitre leur mouvement de rotations. Il ne s'agit donc nullement d'une sanction en relation avec cette scène télévisée. » Mais bien sûr...
Surnommée Mme Thatcher (allusion à Margaret Thatcher, ancienne premier ministre britannique connue pour son caractère bien trempé), diplômée de l'école nationale de l'administration (DAS première classe), diplômée de l'ENA (Ecole nationale d'administration) à Alger, titulaire d'un doctorat à l'université de Perpignan (France), Mme Tayati qui a assuré pendant plusieurs années la direction du personnel au niveau du secteur de Sidi M'hamed (Alger). Le blog d'un journaliste algérien (http://ffs1963.unblog.fr/) révèle qu'elle a été nommée à la tête de l'établissement de Bologhine par l'ex-ministre de la Santé, Said Barkat, peu de temps avant que celui-ci ne perde son portefeuille ministériel à la faveur du remaniement opéré en mai 2010. A peine nommée en avril 2010, aussitôt limogée et mutée en septembre 2010. La rapidité avec laquelle cette dame a «bénéficié» d'une mutation cache mal une sanction en bonne et due forme. La sanction est d'autant plus sévère et étrange que l'équipe de journalistes dépêchée par l'ENTV pour suivre la visite inopinée du ministre de la Santé dont la propre fille gère la cellule de communication était munie de ...4 caméras. Quatre caméras pour une visite d'inspection ordinaire, on voudrait filmer un limogeage télévisé qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Au delà de l'abus d'autorité dont a fait preuve le ministère de la Santé, il y a bien sûr la manière avec laquelle s'est comportée un ministre de la République vis-à-vis d'une employée de l'administration. Mépris, condescendance, autoritarisme et un langage qui rappelle celui d'un seigneur face à son vassal, le comportement du ministre de la Santé, Djamel Ould Abbes, choque autant qu'il indigne. M. le ministre dont la cellule de communication est gérée par sa fille devrait apprendre à baisser le ton quand s'il s'adresse aux citoyens de la république.
Source: http://www.dna-algerie.com
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Sujet: Re: Mme Tayati limogée pour n'avoir pas plié l'échine devant le ministre Ould Abbès Ven 1 Oct - 13:08
Chapeau! madame Tayati! pour n'avoir pas plié l'échine devant un ministre, obséquieux devant son maître et hautain avec ses subalternes. Je m'incline bien bas devant votre témérité quand bien des hommes auraient opté pour la courbette et le «Anaâm sidi...»
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