L'Algérie au coeur, à corps et à cris! - Want Too Free! Viva l'Algérie!
Bienvenue sur notre Forum.

L'Algérie au coeur, à corps et à cris! - Want Too Free! Viva l'Algérie!

Espace de Débats d'idées, d'Echanges et de Communication Intelligente  
AccueilFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Bienvenue sur l'Algérie au Cœur, à Corps et à Cris - Nous vous souhaitons de passer d'agréables moments en notre compagnie. - Want Too Free! Où Va l'Algérie!

PageRank
Sujets similaires
Connexion
Nom d'utilisateur:
Mot de passe:
Connexion automatique: 
:: Récupérer mon mot de passe
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 3 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 3 Invités :: 1 Moteur de recherche

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 171 le Lun 29 Aoû 2011 - 21:50
Statistiques
Nous avons 860 membres enregistrés
L'utilisateur enregistré le plus récent est mumus

Nos membres ont posté un total de 188555 messages dans 4365 sujets
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Navigation
 Portail
 Index
 Membres
 Profil
 FAQ
 Rechercher
Partenaires




i-Gratuit.info - Référencement 100% gratuit

Tchat Blablaland
Marque-page social
Marque-page social digg  Marque-page social delicious  Marque-page social reddit  Marque-page social stumbleupon  Marque-page social slashdot  Marque-page social yahoo  Marque-page social google  Marque-page social blogmarks  Marque-page social live      

Conservez et partagez l'adresse de L'Algérie au coeur, à corps et à cris! - Want Too Free! Viva l'Algérie! sur votre site de social bookmarking
Facebook
My Great Web page

Partagez | 
 

 Portrait d'un homme rare

Aller en bas 
AuteurMessage
Nanou
Posteur Suprême
Posteur Suprême
avatar

Féminin
Nombre de messages : 13116
Age : 46
Localisation : ici
Date d'inscription : 18/05/2009

MessageSujet: Portrait d'un homme rare   Sam 25 Sep 2010 - 12:11

Odon Vallet : « Je n'avais pas le temps de dépenser cet argent »




A 63 ans, Odon Vallet, spécialiste de l'histoire des religions et des civilisations, est aussi l'un des plus généreux mécènes d'Europe. Chaque année, sa fondation offre des milliers de bourses d'études à de jeunes Français, Béninois et Vietnamiens. Pour mener cette aventure, cet ancien élève de l'ENA a choisi de faire don de son héritage, près de 100 millions d'euros.

D'où vient votre si rare prénom ?

D'un père abbé de l'abbaye de Cluny, en Bourgogne, qui a vécu vers l'an 1000. Il était très misogyne, comme beaucoup d'abbés à l'époque…

Mon père venait de Château, un petit village proche. Un village pauvre, parce qu'orienté du mauvais côté, celui de la forêt vers le nord, pas celui des vignes, côté sud. Il était catholique et fils d'ouvrier, très doué et travailleur. C'est un prêtre qui lui a donné des cours, gratuitement, qui l'ont sorti de sa condition. D'où le prénom.

A contrario, votre mère était une aristocrate…

Oui, mais déchue : sa famille a perdu toute sa fortune, en passant petit à petit d'un hôtel particulier à Paris à un trois-pièces. D'un côté, il y a l'ascenseur social de mon père, de l'autre le « descendeur social » de ma mère : c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés en 1943.

Votre père a fait fortune dans les assurances et vous étiez programmé pour le pouvoir en faisant de brillantes études : Sciences Po, droit, ENA… pourquoi avoir choisi l'enseignement ?
D'abord, je ne suis pas bon partout. Je fais deux colonnes, comme Sherlock Holmes : celle où je suis bon, celle où je ne suis pas bon. Durant mes études, j'étais nul en maths, en physique et en arts appliqués. Toutes les matières que je soutiens aujourd'hui à travers ma fondation. A contrario, j'ai toujours été bon en français, en histoire, en anglais.

Et la politique…

A l'ENA, j'ai tout de suite compris que la politique n'était pas mon truc. Il faut savoir mentir en politique. De Gaulle a sans doute été le plus grand menteur de tous les temps : le « Je vous ai compris » est extraordinaire.

S'il n'avait pas menti, il aurait été renversé le lendemain ! En 1981, le slogan « Changez la vie » de Mitterrand, c'est pareil, c'était optimiste, mais on a vite vu que ce ne serait pas possible.

Je ne suis pas assez dissimulateur. Dans « Le Fil de l'épée », De Gaulle écrit : « Le prestige ne va pas sans mystère… »

Quel est pour vous le plus gros mensonge politique d'aujourd'hui ?

C'est de ne pas reconnaître quelques dures réalités. La France, c'est 1% du monde en terme démographique, 3% sur le plan économique. La régression de la France dans le monde est incroyable, par rapport à ce qu'elle a été. A contrario, songez à l'évolution du Brésil qui est passé d'un état pauvre à une vraie puissance.

Reconnaître ce déclin, c'est politiquement suicidaire. Et puis le pire n'est jamais sûr, le déclin n'est pas infini. Quand vous demandez à des gens où ils veulent habiter, ils disent tous l'Europe.



Pourquoi vous êtes-vous tourné vers l'histoire des religions ?

Au début, à Sciences Po, je me suis beaucoup occupé de culture générale pour la préparation à l'ENA. A Paris-I, je suis à cheval sur les civilisations et la religion.

Enseigner est à peu près la seule chose que je sais faire. Pourquoi ? Mon père adorait apprendre des choses à ses enfants. Ma mère aussi lisait beaucoup et nous intéressait à ses lectures. J'ai continué.

Le problème de l'enseignement est simple : quand vous commencez, les étudiants ont votre âge, vous êtes leur grand frère. Puis vous devenez leur père, puis leur grand-père. Je le sais, j'en suis à ma trente-huitième rentrée. L'écart se creuse chaque année, où vos interlocuteurs vous renvoient quelque chose de plus jeune.

En 2010, eux c'est l'écran, moi c'est l'écrit. Eux, Microsoft, moi Gutemberg. A Porto Novo, au Bénin, j'ai fait construire une bibliothèque et, en face, un cyber-café. C'est très complémentaire.

Vous connaissez bien les milieux du pouvoir, que pensez-vous des riches et du rapport des Français à l'argent ?

Il faut que les riches prennent conscience que dans le monde entier, les écarts sociaux se sont creusés, parce qu'il n'y a plus de guerre. L'égalité sociale, c'était la guerre au XXe siècle.

On l'a oublié, mais l'impôt sur le revenu a été créé en 1917. La Sécurité sociale, par Pierre Laroque en 1945, vient du plan Beveridge de 1942. Les deux guerres mondiales ont poussé à un rapprochement des conditions. Or, depuis 60 ans, il n'y a plus de guerre.

L'augmentation des richesses pendant cette période n'a pas été suivie d'une répartition des richesses équivalente. Partout les écarts sociaux se creusent, en Europe, aux Etats-Unis, en Chine, en Russie…

Dans l'avenir, je pense que les choses vont s'inverser. Pas à cause d'un grand soir, mais parce que ces écarts économiques ont les mêmes effets que l'égalitarisme absolu prêché par le communisme. Cela affaiblit les classes moyennes, crée de la pauvreté et réduit les possibilités de croissance.

En France, il est nécessaire d'avoir une certaine réindustrialisation pour réduire le chômage. Au marché, vous trouvez des chemises à 10 euros, des chaussures à 15 euros, fabriquées en Chine. Mais avec les coûts de transport, la hausse des salaires dans les pays émergents, il n'est pas impossible de produire en France de manière compétitive. Cela va faire des opportunités en Europe.

Les grandes fortunes françaises sont-elles capables de léguer, comme Bill Gates, Warren Buffet et leurs amis l'ont annoncé, la moitié de leur fortune à des causes humanitaires ?

En France, ce n'est pas possible, à cause du principe de l'héritier réservataire : il y a toujours une part minimale de l'héritage qui va aux héritiers. Bill Gates a proposé l'idée aux Chinois, mais ils ont refusé car dans la tradition confucéenne, la transmission aux héritiers est importante.

Ce n'est pas seulement juridique, c'est aussi culturel. Dans le droit romain, priver ses héritiers de patrimoine est inconcevable. Les Français et leurs voisins européens sont très attachés à la transmission d'un patrimoine.

Que pensez-vous de la répartition capital/travail dans l'économie ?
Une bonne partie des parlementaires de droite pensent qu'il y a un problème de répartition des richesses. La question est de savoir comment réduire les inégalités.

Avec les paradis fiscaux, les états ne sont plus complètement souverains. Il faudra en venir à une harmonisation fiscale européenne.

Une société avec 10% de chômeurs officiels (plus en réalité) ne peut pas fonctionner sur le long terme. Quand vous avez des cités avec beaucoup de chômeurs, vous avez de la pauvreté et de l'assistance, du pain et des jeux, des allocations et des paris en ligne.

Cela nécessiterait un acte politique fort ?

Le temps politique est court, cinq ans en gros. On pourrait dire qu'en 2012, la gauche va gagner, elle aurait toutes les raisons de le faire. Est-ce que ce sera le cas ?

Quel qu'il soit, le prochain gouvernement n'évitera pas une action en faveur de l'emploi et de la correction de certaines inégalités. Il faut remettre le travail au coeur des préoccupations.

La télé n'aide pas : les modèles qu'elle propose sont hors du monde du travail. Regardez L'Ile de la tentation, Secret Story… Pfff, ça n'aide pas.

Venons-en à votre fondation qui existe depuis dix ans en offrant des bourses à des milliers de lycéens et étudiants. Pourquoi fonctionne-t-elle aussi bien ?

Il faut une main de fer dans un gant de velours : être à la fois diplomate, homme de fer et enseignant. Il faut connaître le système scolaire d'un pays et être dans le renseignement. Pas la DGSE ou la CIA, mais le renseignement scolaire.

Les deux personnes qui connaissent le mieux le Bénin, c'est l'ambassadeur de France, pour la politique, et moi, pour le scolaire et le social. Chaque année, je me promène dans le pays, dans les villages. Je comprends les besoins.

Faire cette fondation, en se débarrassant de votre fortune, c'était une manière d'échapper au poids de l'argent ?


Non. Je me suis simplement dit : « Si j'attends trop longtemps, je vais être trop vieux ». Je travaille beaucoup, je n'aurais pas le temps de faire autre chose, de dépenser tout cet argent [l'équivalent de 100 millions d'euros, ndlr]. Je ne me plains pas, je suis bien au-dessus du revenu moyen des Français [il gagne environ 5 000 euros par mois, de en comptant son salaire de professeur et ses droits d'auteur, ndlr]. Si la fondation ne marchait pas, là, je serais malheureux.

Est-ce que vous comptez vous intéresser à la banlieue ?

Jamais je ne quitterai l'Académie de Paris. C'est déjà tellement compliqué. Je resterai dans ce secteur, que je connais mieux que les proviseurs.

Et puis, il y a autant de pauvreté à Paris qu'en banlieue. On parle toujours des grands lycées parisiens, Louis-le-Grand, etc. Mais les plus bas résultats, par lycée, sont aussi à Paris. Le XIXe, ce n'est pas mieux que le 9-3.

Que pensez-vous de l'initiative autour des filières ZEP lancée par Richard Descoings, le patron de Sciences Po ?

C'était utile, intéressant avec globalement de bons résultats. Aujourd'hui, c'est plus difficile depuis qu'ils ont intégré de nouveaux lycées dans le dispositif. Le vrai problème pour Sciences Po, c'est le Français moyen qui ne peut plus se payer ce genre d'études. Sciences Po fait beaucoup de choses, dans un peu trop de directions.

Le problème numéro 1, c'est la classe moyenne, celle qui structure le plus la société. Même les bons élèves d'un bon lycée d'une ville moyenne de province ont peu de chance d'accéder à Sciences Po, à l'Essec ou à Polytechnique.

Vous avez d'autres projets avec la fondation Odon-Vallet ?

Le seul projet, c'est de durer. C'est difficile. J'ai remis 25 000 bourses en dix ans. On peut améliorer ça, le seul projet, c'est de ne pas faire moins bien. Au Vietnam, nous avons 100% de réussite aux examens, 93% au Bénin et 93% dans les écoles d'art.

Un groupe sur Facebook milite en faveur de votre entrée à l'Académie française… qu'en pensez-vous ?

Je ne sais pas. Un de mes meilleurs souvenirs est un dîner avec Pierre Messmer où il a raconté sa guerre d'Indochine, dès 1945. Il a été fait prisonnier et il a compris que ce conflit était perdu. Mais de Gaulle n'a rien voulu savoir.

C'était extraordinaire ce récit, comme tout a basculé dans la guerre à cause d'une énorme erreur d'appréciation des Français. Je garde un excellent souvenir de cette conversation, mais je ne suis pas candidat. L'éthique sans l'esthétique, ça ne suffit pas : il faut que ce soit bon et beau à la fois.

Revenir en haut Aller en bas
Anaïs
Modérateur
Modérateur
avatar

Féminin
Nombre de messages : 52096
Age : 100
Localisation : France
Date d'inscription : 27/11/2007

MessageSujet: Re: Portrait d'un homme rare   Sam 25 Sep 2010 - 15:12

Oui, sont bien rares les gens comme lui.
Revenir en haut Aller en bas
Nanou
Posteur Suprême
Posteur Suprême
avatar

Féminin
Nombre de messages : 13116
Age : 46
Localisation : ici
Date d'inscription : 18/05/2009

MessageSujet: Re: Portrait d'un homme rare   Lun 27 Sep 2010 - 12:55

Comme quoi, on peut avoir fait l'ENA, et ne pas être complêtement obsedé par le pouvoir et l'argent Wink
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Portrait d'un homme rare   

Revenir en haut Aller en bas
 
Portrait d'un homme rare
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le "patient de Berlin", seul homme ayant guéri du SIDA.
» L'eau potable art31 déclaration univers droits l'homme
» Portrait chinois
» Biodiversité : Festival des droits de l'homme Paris, Marie-M Robin
» Diogène, l'homme chien

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Algérie au coeur, à corps et à cris! - Want Too Free! Viva l'Algérie! :: Croyances & Idéologies :: Débat d'idées-
Sauter vers: