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 Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.

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Lou
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MessageSujet: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mar 2 Mar 2010 - 9:19

La caravane Camus ne passera probablement pas en Algérie, et c’est vraiment dommage.
Les arabophone ont triomphé. D’après eu, il n’y a aucune raison de célébrer la mémoire d’un colonialiste qui a choisie son partie (la France) en choisissant sa mère, et qui n’a jamais dénoncé le colonialisme.
Mais on oublie qu’avant tout, Camus est un humaniste, Il promouvait une solidarité humaine et un combat contre le mal, son seul partie était donc le bien et son seul ennemi était le mal.
Dans ce combat, il n’a pas hésité à signaler et à dénoncer le terrible vécu des algériens privés de leurs libertés en publiant des écris journalistique intitulés "Misère de Kabylie".
Sa mémoire ne sera donc pas célébrée dans ce pays qui l’a vu naitre et qui a connu ses premiers tourments ce qui l’a inspiré pour le restant de sa vie.

Et vous, auriez- vous souhaité que la caravane Camus passe en Algérie ?
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Sekoura
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mar 2 Mar 2010 - 22:33

Oui c'est dommage.
Je regrette beaucoup cette tendance que l'on a en Algérie de mettre un peu tout le monde dans le même sac.

Les gentils d'un coté et les méchants de l'autre.

Alors que la réalité est beaucoup plus nuancée.

Camus était un écrivain, avec une sensibilité et aucun engagement politique.

On a étudié Camus à l'école et je l'ai toujours perçu comme faisant partie des écrivains Algérien, dans ses écrits on sent qu'il a porté l'Algérie dans son coeur.

Il était contre la violence sous toutes ses formes tout en soutenant le combat légitime des algériens pour leur liberté. Car il reconnaissait que la violence était parfois le seul moyen d'arracher ses droits, mais il prônait la modération dans l'utilisation de cette violence.

C'est lui qui disait: "Si je peux comprendre, le combattant d'une libération, je n'ai que dégoût devant le tueur de femmes et d'enfants".

C'est dommage d'exclure comme ça des talents qui ne peuvent qu'enrichir notre patrimoine culturel et littéraire et de se limiter juste à ce qui est arabophone même quand c'est médiocre .


Dernière édition par Sekoura le Jeu 4 Mar 2010 - 22:56, édité 1 fois
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Lou
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mer 3 Mar 2010 - 16:17

Sekoura a écrit:
C'est dommage d'exclure comme ça des talents qui ne peuvent qu'enrichir notre patrimoine culturel et littéraire et de se limiter juste à ce qui est arabophone même quand c'est médiocre .

Que les arabophones le veuillent ou pas, camus fait partie de notre mémoire, et le nier ne change rien à l’histoire. D’autant plus que l'Algérie a eu son indépendance, une indépendance que Camus ne connaitra malheureusement jamais; donc, on ne saura qu’elle aurait été sa vision.
José Linzini a écris "Camus estimait légitime la dénonciation du colonialisme, de l'attitude méprisante des Français, de l'injustice de la répartition des terres. Il jugeait illégitime en revanche le concept de nation algérienne et vivait comme un véritable déchirement la perspective d'un -divorce-"
On lui en veut donc sont aveuglement, son conscient, mais on oublie qu’il a aussi un inconscient, car il est aussi français, et il se voit le devoir de penser à ces Français d’Algérie.
J’ai beaucoup aimé le terme "divorce" que Linzini a utilisé, car à mon avis, c’est exactement ce qu’a vécu Camus, le déchirement d’un enfant qui voit ses parents divorcer sans jamais pouvoir prendre partie
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Lou
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Sam 6 Mar 2010 - 16:30

Lisez cet interview fait par l'expression avec Yasmina Khadre.
Je trouve que je suis d'accord avec lui sur tous les points
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Anaïs
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Sam 27 Mar 2010 - 21:23

DE LA PART DE ZELL!
bon ça c'est pour toi Lou ........c'est sur watan d'aujourd'hui



Camus harki ?

On attendait un débat sur Camus. On a eu des monologues, des positions, des
déclarations et des pétitions. Pourtant, un vrai débat algérien, et en Algérie,
aurait pu être intéressant à plus d’un titre. Comment analysons-nous par
exemple L’Etranger ? Qui est l’étranger ? Meursault l’assassin ou
« l’Arabe » de la plage, victime du premier ? Pourquoi Camus
a-t-il nommé le premier et gardé le second dans l’anonymat, reprenant à sa
manière Diderot qui, dans Jacques le Fataliste, nommait le valet et non le
maître, préfigurant ainsi la révolution de 1789 ? Quelles sont les
représentations de l’Algérie dans les œuvres de Camus ? Qui sont ses
personnages ? Obéissent-ils à une typologie ? Quel sens avait sa
dramaturgie, lequel prend-elle aujourd’hui ? Que représente sa
philosophie ? En quoi son style est-il si émérite ? Autant de
questions pour y répondre en tant qu’Algériens d’aujourd’hui et apporter notre
vision sur un auteur universel et notre lecture de son œuvre déjà entamée par
plusieurs de nos universitaires.. Mais de quoi parle-t-on aujourd’hui ?
Quasi-exclusivement des positions de cet écrivain sur l’indépendance, de sa
préférence ultime pour sa mère au détriment de la justice, etc.


Nos compatriotes qui s’énervent avec autant de démonstration, se rendent-ils
compte de leur paradoxe ? Ils parlent de Camus presque comme d’un harki
qui aurait trahi les siens ! Qu’on nous explique pourquoi nous devrions
lui réserver un traitement si particulier, lui qui s’est toujours réclamé de sa
communauté d’appartenance et dont les positions, même particulières, ont
toujours été énoncées de ce point de vue ? On croit sentir une étrange et
déplacée déception dans ces dénonciations, par ailleurs retardataires, car déjà
formulées en pleine guerre (cf. Lettres de prison d’Ahmed Taleb-Ibrahimi) et
reformulées tant de fois après.


A contrario, on trouve peu de monde pour s’intéresser à un écrivain comme
Emmanuel Roblès, pied-noir oranais, grand résistant contre le nazisme, qui
avait soutenu l’indépendance, allant jusqu’à déclarer que s’il était un jeune
Algérien, il aurait été dans les maquis de l’ALN. Peu également pour évoquer
les artistes et auteurs, signataires du manifeste des 121, qui avaient pris des
positions très claires. Si nous voulons parler de littérature, il n’y a aucune
raison de ne pas parler librement de Camus écrivain, de ses œuvres, de son
style, etc. comme des personnes sereines, sûres de leur indépendance et
capables de débattre avec des arguments d’Algériens.


Si, maintenant, nous voulons parler d’histoire et de politique, tout ou
presque a été dit sur Camus, ses hésitations, ses contradictions, ses choix.
Mais nous pouvons (et devons) en parler aussi. Et, entre les deux, car on ne
peut découper la vie d’un homme, fut-il mécanicien diesel ou fleuriste, on peut
aussi faire la part des choses. Donc, avec l’intérêt et l’admiration envers
l’écrivain et la reconnaissance pour le journaliste qui a dénoncé, dans les
années 50, la misère du peuple algérien (sans évoquer le système qui l’a
générée), pour le reste, on peut dire : qu’il aille - respectueusement -
se faire voir chez sa mère. Ce serait lui rendre justice.





Par Ameziane
Ferhani
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Lou
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mar 30 Mar 2010 - 22:21

D'abord, pour être harki, il faut être algérien. Ces gens là ont trahi une cause qui est la leur

C'est différent pour Camus, aussi sympathisant qu'il soit de cette cause, il reste toujours français lui. Donc il ne peut pas être totalement indifférent au devenir des français d'Algérie puisqu'il en fait parti, et des déclarations trop dénonciatrices peuvent être prise pour une trahison par les siens.

Moi, un humaniste comme lui, je préfère le juger humainement Neutral



Citation :
Comment analysons-nous par
exemple L’Etranger ? Qui est l’étranger ? Meursault l’assassin ou
« l’Arabe » de la plage, victime du premier ? Pourquoi Camus
a-t-il nommé le premier et gardé le second dans l’anonymat, reprenant à sa
manière Diderot qui, dans Jacques le Fataliste, nommait le valet et non le
maître, préfigurant ainsi la révolution de 1789 ? Quelles sont les
représentations de l’Algérie dans les œuvres de Camus ? Qui sont ses
personnages ?

La sympathie de Camus pour les algériens, je ne l'ai pas décelé dans ces oeuvres car je n'ai pas lu grand chose, mais plus tôt dans certain écrits journalistiques. Malheureusement, en ce moment je n'ai pas d'exemple, mais j'essaierai d'en trouver

Citation :
A contrario, on trouve peu de monde pour s’intéresser à un écrivain comme
Emmanuel Roblès, pied-noir oranais, grand résistant contre le nazisme, qui
avait soutenu l’indépendance, allant jusqu’à déclarer que s’il était un jeune
Algérien, il aurait été dans les maquis de l’ALN.

Honnêtement, je ne connais pas cet écrivain, et je trouve sa déclaration très courageuse
Seulement, il n'a pas eu l'écho de Camus car ce n'est pas un prix Nobel, lui Neutral



Citation :
Peu également pour évoquer
les artistes et auteurs, signataires du manifeste des 121, qui avaient pris des
positions très claires.

C'est vrai qu'ils ont été d'une grand utilité pour la cause algérienne, et on les a jamais oublié.

D'ailleurs dans ce forum même, j'ai rappelé que Simone de Beauvoir en fait parti.

Seulement, les choses étaient différentes pour ces derniers, ils n'avaient pas leurs proches en Algérien, donc ils pouvaient être totalement impartiaux et avoir une vision plus objectif.

A mon avis chaque chose doit être prise dans son contexte.

Dis zell? Pourquoi tu ne viens pas débattre toi même scratch
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Anaïs
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mer 31 Mar 2010 - 15:41

Lou a écrit:
D'abord, pour être harki, il faut être algérien. Ces gens là ont trahi une cause qui est la leur

C'est différent pour Camus, aussi sympathisant qu'il soit de cette cause, il reste toujours français lui. Donc il ne peut pas être totalement indifférent au devenir des français d'Algérie puisqu'il en fait parti, et des déclarations trop dénonciatrices peuvent être prise pour une trahison par les siens.

Moi, un humaniste comme lui, je préfère le juger humainement Neutral



Citation :
Comment analysons-nous par
exemple L’Etranger ? Qui est l’étranger ? Meursault l’assassin ou
« l’Arabe » de la plage, victime du premier ? Pourquoi Camus
a-t-il nommé le premier et gardé le second dans l’anonymat, reprenant à sa
manière Diderot qui, dans Jacques le Fataliste, nommait le valet et non le
maître, préfigurant ainsi la révolution de 1789 ? Quelles sont les
représentations de l’Algérie dans les œuvres de Camus ? Qui sont ses
personnages ?

La sympathie de Camus pour les algériens, je ne l'ai pas décelé dans ces oeuvres car je n'ai pas lu grand chose, mais plus tôt dans certain écrits journalistiques. Malheureusement, en ce moment je n'ai pas d'exemple, mais j'essaierai d'en trouver

Citation :
A contrario, on trouve peu de monde pour s’intéresser à un écrivain comme
Emmanuel Roblès, pied-noir oranais, grand résistant contre le nazisme, qui
avait soutenu l’indépendance, allant jusqu’à déclarer que s’il était un jeune
Algérien, il aurait été dans les maquis de l’ALN.

Honnêtement, je ne connais pas cet écrivain, et je trouve sa déclaration très courageuse
Seulement, il n'a pas eu l'écho de Camus car ce n'est pas un prix Nobel, lui Neutral



Citation :
Peu également pour évoquer
les artistes et auteurs, signataires du manifeste des 121, qui avaient pris des
positions très claires.

C'est vrai qu'ils ont été d'une grand utilité pour la cause algérienne, et on les a jamais oublié.

D'ailleurs dans ce forum même, j'ai rappelé que Simone de Beauvoir en fait parti.

Seulement, les choses étaient différentes pour ces derniers, ils n'avaient pas leurs proches en Algérien, donc ils pouvaient être totalement impartiaux et avoir une vision plus objectif.

A mon avis chaque chose doit être prise dans son contexte.

Dis zell? Pourquoi tu ne viens pas débattre toi même scratch

Ce n'est pas le cas, c'est que j'ai du le déplacer jusqu'ici , Zell l'avait mis dans la salle de bain!
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Zell
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mer 31 Mar 2010 - 19:26

non dans la cuisine !
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Anaïs
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mer 31 Mar 2010 - 19:31

Zell a écrit:
non dans la cuisine !

Ah bon, je me suis trompée de pièce!
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Zell
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mer 31 Mar 2010 - 19:45

Anaïs a écrit:
Zell a écrit:
non dans la cuisine !

Ah bon, je me suis trompée de pièce!

ben oui il faut manger et prendre des forces pour pouvoir débattre ce genre de sujets

lou je suis complétement d'accord avec amezian

franchement ya plein d'auteurs qu'on ne connait pas, des jeunes écrivains;au lieu de polémiquer sur un auteur et même pas sur ses écrits
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Lou
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Mer 31 Mar 2010 - 20:18

Zell a écrit:
lou je suis complétement d'accord avec amezian

franchement ya plein d'auteurs qu'on ne connait pas, des jeunes écrivains;au lieu de polémiquer sur un auteur et même pas sur ses écrits

C'est un point de vu que je respecte, il est vrai qu'il a de très bons écrivains méconnus, il m'arrive de lire certain ouvrages où je découvre des esprits fascinants, alors que le nom de l'auteur m'est totalement inconnu, cela ne m'empêche pas de vouloir connaître les plus connus et essayer de comprendre le secret de leurs réussite.
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Mina
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Ven 2 Avr 2010 - 14:22

personne ne doute de l'amour de Camus envers l'Algérie, il a meme déclaré "Je ne pourrai pas vivre en dehors d’Alger. Jamais. Je voyagerai car je
veux connaître le monde mais, j’en ai la conviction, ailleurs, je
serais toujours en exil "
mais l'algérie de Camus n'est pas la meme que celle d'aujourd'hui, il croyait à une algérie française
il ne faut pas faire de lui un héro, parce qu'il ne l'était pas pour l'algérie, et dans le cas contraire ça veut dire que le sang versé par des martyrs n'a servi à rien !!!
certe c'est flattant de dire qu'un algérien a eu un prix nobel de littérature, mais il est avant tout français, et il l'a meme déclaré en choisissant son camp qui était "sa mère"
et je ne comprend pas pourquoi la presse française (arabe aussi) a fait de cette histoire une affaire d'état, il y a un moment chaque jour je trouvais un nouvel article sur lui et la réaction algérienne!!
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Mina
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Ven 2 Avr 2010 - 14:30

Albert Camus, mal-aimé de la presse algérienne


L'anniversaire de la mort d'Albert Camus est assez peu présent, ce 4
janvier dans la presse algérienne de langue française, reflétant le
malaise, voire le rejet, suscité par l'auteur de L'Etranger auprès des Algériens.





AFP



Beaucoup de journaux sont totalement silencieux sur le cinquantième
anniversaire de la mort du Prix Nobel. Pas une allusion dans El Moujahid, le quotidien gouvernemental. Liberté,
quotidien proche du Rassemblement pour la culture et la démocratie
(RCD), mouvement kabyle, se contente d'annoncer les émissions qui
seront consacrées à Albert Camus cette semaine... dans les médias
français.
L'Expression, journal proche du président
Bouteflika, est le seul à mettre l'anniversaire de la mort de Camus à
la une, dans sa rubrique culturelle, mais il ne publie qu'une brève
évocation de la vie de l'écrivain signalant que "son appel à la trêve
pour les civils lancé en janvier 1956 l'éloigne de la gauche
(française), qui soutient la lutte pour l'indépendance algérienne."...
sans rien dire de ce qu'en pensent, ou en ont pensé les intellectuels
algériens.
Jusqu'à quel point un écrivain doit-il porter la responsabilité d'un
moment de l'histoire, prendre position pour ou contre l'indépendance ?




Le quotidien populaireLe Soir d'Algérie,
tout aussi succintement, rapporte que les intellectuels de gauche en
France, dont Simone de Beauvoir, disaient que "Camus s'était rangé «du
côté des pieds-noirs», et qu'il avait choisi la colonisation contre la
guerre d'Algérie." L'auteur de l'article estime que le non-engagement
de Camus en faveur de l'indépendance ne doit pourtant pas "occulter ce
que fit l'écrivain au regard de l'oeuvre dimensionnelle et grandiose
qu'il a laissée entre philosophie de la vie ou la condition humaine."
Le Quotidien d'Oran,
un des principaux quotidiens francophone du pays, annonçait, le 24
décembre, que la ville d'Oran allait commémorer le cinquantième
anniversaire de la mort d'Albert Camus. L'initiative est de
l'association Bel Horizon en collaboration avec le Centre culturel
français. L'association proposera le 16 janvier, dans le cadre d'une
manifestation intitulée "Sur les traces de Camus", un circuit des lieux
qu'avait fréquenté le prix Nobel de la littérature durant son séjour à
Oran.El Watan
("Le pays"), journal de référence, dont le directeur, Omar Belhouchet,
a été condamné plusieurs fois à la prison, est le seul à consacrer un
véritable dossier, avec des opinions contrastées, au prix Nobel. Le
journal rappelle que jusqu'à sa mort accidentelle le 4 janvier 1960,
Albert Camus resta fidèle à la même position, continuant ses
interventions discrètes en faveur des condamnés à mort algériens, tout
en gardant le silence sur la guerre de Libération.
El Watan donne la parole à des partisans de l'écrivain
comme ce libraire pour qui "Camus fait partie de la littérature
algérienne" au même titre que d'autres écrivains pieds-noirs comme
Jacques Derrida et Jean Pellegri. "Le procès fait à Camus en Algérie
est celui des écrivains et de la littérature. Jusqu'à quel point un
écrivain doit-il porter la responsabilité d'un moment de l'histoire,
prendre position pour ou contre l'indépendance ?"
Pour Arezki Tahar,
libraire lui aussi, Camus n'est pas un écrivain algérien mais un
écrivain français d'Algérie : "Il était un humaniste qui n'avait pas
choisi la justice, la justice était du côté de ceux qui voulaient
libérer leur pays après 130 ans d'une des pires des colonisations."
Camus ne s'est jamais débarrassé de ses réflexes primaires bien enracinés dans son inconscient colonial




Le journaliste Bélaïde Abane, lui, signe un virulent pamphlet contre l'écrivain, "Camus : Entre la mère et la justice".
En matière d'introduction, il cite l'écrivain algérien Kateb Yacine :
"Je préfère un écrivain comme Faulkner qui est parfois raciste mais
dont l'un des héros est un Noir, à un Camus qui affiche des opinions
anticolonialistes (sic) alors que les Algériens sont absents de son
oeuvre et que pour lui l'Algérie c'est Tipaza, un paysage... " Selon
lui, l'écrivain pied-noir ne s'est "jamais débarrassé de ses réflexes
primaires bien enracinés dans son inconscient colonial." Il rappelle
que Raymond Aron disait de lui que c'était un "colonialiste de bonne
volonté". Bélaïde Abane est révolté par les propos qu'aurait tenu Camus
dans L'Express en 1958. "Il faut considérer la revendication
d'indépendance nationale algérienne en partie comme une des
manifestations de ce nouvel impérialisme arabe dont l'Egypte, présumant
de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment, la
Russie utilise à des fins de stratégie anti-occidentale." Le
journaliste considère que Camus, qui "ne fait que traduire la
propagande du bloc colonialiste en périphrases ampoulées" a fait
"preuve d'un aveuglement incurable". (1)
El Watan publie également un long entretien avec José Lenzini,
auteur de plusieurs ouvrages sur l'écrivain né à Mondovi. Camus "ne
croyait pas à la possibilité des différentes communautés de se
retrouver dans l'harmonie d'une indépendance, qui lui paraissait vouée
à de grosses contradictions du fait de son «usurpation» par le FLN." Il
rappelle qu'au moment du massacre de Sétif, en mai 1945, Camus
écrivait, dans Combat : "Je lis dans un journal du matin que
80% des Arabes veulent devenir Français. Je dirai plutôt qu'ils
voulaient le devenir, mais qu'ils ne le veulent plus...".Les blogs qui évoquent l'écrivain ont une vision plus favorable.
Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
s'interroge : "Camus l'Algérien ? Camus le Français ? et fournit un
rappel détaillé de la relation qu'entretenait Albert Camus avec
l'Algérie.
L'auteur rappelle que Camus estimait légitime la
dénonciation du colonialisme, de l'attitude méprisante des Français, de
l'injustice de la répartition des terres. Il jugeait illégitime en
revanche le concept de nation algérienne et vivait comme un véritable
déchirement la perspective d'un "divorce" entre l'Algérie et la France.
"Il refuse de soutenir l'indépendance, et propose le fédéralisme afin,
disait-il, de ne léser ni les Algériens musulmans, ni les Français
d'Algérie."
C'est pourquoi il est rejeté à la fois par les
nationalistes algériens, contrairement à d'autres intellectuels
européens qui soutenaient leur combat (Germaine Tillion, Frantz Fanon,
Jean Genet), et par les extrémistes européens, depuis son Appel à la
trêve et à l'arrêt des violences contre les civils du 23 janvier 1956.
Mort
avant que l'option de la négociation avec le FLN ne soit mise en oeuvre
par le général de Gaulle, on ne saura comment il aurait évolué sur la
question de l'indépendance, rappelle le blogueur.
Alors qu'en France on se demande si la place de Camus est au Panthéon, l'écrivain Yazid Haddar
considère lui que la place d'Albert Camus est au cimetière d'Alger.
"Qu'on le veuille ou pas, il fait partie de nous. Le nier, me
semble-t-il, c'est nier une partie de notre mémoire". On a tort, selon
lui, de trop souvent associer Camus au politique et pas assez à
l'écrivain ; Yazid Haddar regrette qu'on "oublie le Camus qui a écrit
sur la misère des Algériens, sur les massacres du 8 mai 1945, on oublie
ses interventions auprès du Général de Gaulle pour les condamnés à
mort."
"Camus est algérien car il est né en Algérie,
il a connu la misère comme tout algérien. C'est un enfant qui a dédié
un roman à sa mère par cette phrase : "A toi qui ne pourras jamais lire
ce livre.", tout comme tous les écrivains algériens de l'époque (Kateb
Yacine, Mammeri, Feraoun, Dib, etc.) qui auraient pu dédier ainsi leurs
romans à leur mère. Pourquoi l'Algérie n'a-t-elle pas reconnu ce fils
exilé ?" conclut-il.
(1) en 1958, Albert Camus n'était plus éditorialiste à L'Express.
Nous n'avons donc pas pu retrouver cette citation. Il a collaboré avec
notre journal de 1955 à 1956. Pendant cette période, il s'en est
effectivement pris au nationalisme arabe et à l'influence qu'exerçait
l'Egypte de Nasser dans le monde arabe : "Les Français (...) ne peuvent
en tout cas soutenir l'aile, extrémiste dans ses actions, rétrograde
dans la doctrine, du mouvement arabe. Ils n'estiment pas l'Egypte
qualifiée pour parler de liberté et de justice (...) Ils se prononcent
pour la personnalité arabe en Algérie, non pour la personnalité
égyptienne. Et ils ne se feront pas les défenseurs de Nasser sur fond
de tanks Staline." (28 octobre 1955)
Camus, sa mère et la justice


Alors qu'il reçoit le prix Nobel de littérature en 1957 à Stockholm, Albert Camus, interrogé par un étudiant algérien,
sur le caractère juste de la lutte pour l'indépendance, il répond : "Si
j'avais à choisir entre cette justice et ma mère, je choisirais encore
ma mère." Cette phrase, revient comme un leitmotiv dans la presse
algérienne.
Albert Camus vénérait sa mère qui vivait alors à Alger
dans un quartier très populaire, particulièrement exposé aux risques
d'attentats.

http://www.lexpress.fr/culture/albert-camus-mal-aime-de-la-presse-algerienne_839869.html
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gvari



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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Dim 4 Avr 2010 - 17:26

Le debat sur la Camus n'a rien a voir avec l'arabisation, c'est reducteur de le penser ainsi. Il se trouve que l'essentiel des initiateurs sont des francophones pur cru. Ceci pour dire qu'il faut s'informer d'abord et eviter de prendre des raccourcis confortables.
Voila un article qu'il aurait fallu lire:

Camus le Danseur de corde

Dans une chronique publiée dans L'Express le vendredi 28 octobre 1955, Albert Camus livre, dans un exercice alambiqué, son regard sur la lutte de libération des Algériens. Il le fait en se démarquant nettement de ceux qui, parmi ses compatriotes français, ont pris fait et cause pour cette lutte.

Tout au long du texte, l’auteur roule et déroule un argumentaire qui, on le sent, lui semble difficile à faire admettre.

Il se met dans un centre dont il tente, seul, de définir une circonférence.

Camus ignore délibérément toutes les données de la tragédie et s’accroche à l’espoir de tout arrêter avec un retour de tous à une notion de justice dont il se garde de livrer le contenu. Son célèbre dilemme, entre sa mère et la justice est éblouissant dans le texte. On se rend compte qu’entre une justice sans réalité et une mère réelle et présente il ne pouvait pas ne pas choisir la mère. Il commence ainsi : «Avant d’en venir, sinon aux solutions du problème algérien, du moins à la méthode qui les rendait possibles, il me reste à m’adresser aux militants arabes (comprendre le FLN). A eux aussi, je demanderai de ne rien simplifier et de ne pas rendre impossible l’avenir algérien. Je sais que, du bord où je suis, ces militants ont l’habitude d’entendre des discours plus encourageants.»

L’avertissement nous prépare à ne pas attendre de lui ce qui devrait être attendu d’une personnalité vécue, plus que de nombreuses autres, comme une alliée naturelle. Il ne va pas rejoindre le combat parce qu’il a d’autres solutions et une méthode au «problème», dont il n’ose pas dire le nom. Il nous explique pourquoi il ne va pas être encourageant: «Si j’étais d’ailleurs un combattant arabe et que des Français vinssent m’assurer de leur appui inconditionnel, il va sans dire que j’accueillerais avec empressement ce renfort. Mais Français de naissance et, depuis 1940, par choix délibéré, je le resterai jusqu’à ce qu’on veuille bien cesser d’être allemand ou russe: je vais donc parler selon ce que je suis.»

Il veut rester Français, tout simplement. Il ne dit pas que ceux qui soutiennent les «militants arabes» ne sont pas Français, mais pour lui, seul, cela aurait la conséquence de perdre la France.

Son «seul espoir est que les militants arabes qui [le] liront voudront réfléchir au moins aux arguments d’un homme qui, depuis vingt ans, et bien avant que leur cause soit découverte par Paris, a défendu sur la terre algérienne, dans une quasi-solitude, leur droit à la justice.» Ici, il se dédouane par la primauté de l’intérêt pour la cause algérienne et minore ceux qui l’ont rejointe plus tard.

Il cherche, ensuite et ouvertement, à isoler les réseaux de militants anticolonialistes en les discréditant aux yeux des indépendantistes :«Qu’ils fassent d’abord, et soigneusement, la différence entre ceux qui soutiennent la cause algérienne, parce qu’ils souhaitent, là comme ailleurs, la démission de leur propre pays, et ceux qui demandent réparation pour le peuple algérien parce qu’ils veulent que la France soit grande aussi de sa justice. L’amitié des premiers, je dirai seulement qu’elle a prouvé déjà son inconstance.» La liberté des Algériens passe par la promotion de la France à travers sa «justice», Camus veut en convaincre les militants du FLN, comme si ces derniers pouvaient se soucier de ce que la France coloniale pouvait subir. Il faudrait être un grand naïf pour admettre que l’auteur n’en est pas un.

Ayant réglé leur compte aux tenants français de l’indépendance, il veut se placer. Il se dit faire partie des seconds « … qui sont et ont été plus sûrs, il faut seulement qu’on ne stérilise pas leur difficile effort par des flots de sang ou par une intransigeance aveugle». Il faut donc cesser de se battre et attendre que Camus fasse appliquer sa notion de justice. Il précise quand même un peu :

«Les massacres de civils doivent être d’abord condamnés par le mouvement arabe de la même manière que nous, Français libéraux, condamnons ceux de la répression. Ou, sinon, les notions, relatives d’innocence et de culpabilité qui éclairent notre action disparaîtraient dans la confusion du crime généralisé, dont la logique est la guerre totale.» La menace est claire, nous ne savons pas si Camus avait cette intention, mais il veut faire peur en brandissant la «guerre totale» à la face des nationalistes. L’offensive de l’ALN dans le constantinois est invoquée pour appuyer ses assertions : «Déjà, depuis le 20 août, il n’y a plus d’innocents en Algérie, sauf ceux, d’où qu’ils viennent, qui meurent. En dehors d’eux, il n’y a que des culpabilités dont la différence est que l’une est très ancienne, l’autre toute récente». Tous coupables, sans nuances, sauf l’ancienneté. Colonisateurs et colonisés dans la même violence et la même injustice. C’est une loi de l’histoire, dit-il :

«Telle est, sans doute, la loi de l’histoire. Quand l’opprimé prend les armes au nom de la justice, il fait un pas sur la terre de l’injustice.» D’après lui, devant cette attitude de l’opprimé, la loi de l’esprit en dicte une autre : «Mais il peut avancer plus ou moins et, si telle est la loi de l’histoire, c’est en tout cas la loi de l’esprit que, sans cesser de réclamer justice pour l’opprimé, il ne puisse l’approuver dans son injustice, au-delà de certaines limites. Les massacres des civils, outre qu’ils relancent les forces d’oppression, dépassent justement ces limites et il est urgent que tous le reconnaissent clairement». Les conséquences de la guerre d’indépendance sont résumées aux victimes françaises et il a «une proposition à faire, qui concerne l’avenir» et dont il parlera bientôt.

Camus projette, alors, sa vision de l’«avenir arabe», tout «respectable» qu’il le considère. Il le pense « …commandé par l’accession rapide des peuples musulmans à des conditions de vie modernes… » et compromis «par un mouvement plus aveugle qui, sans souci des besoins matériels immenses de masses tous les jours multipliées, rêve d’un panislamisme qui se conçoit mieux dans les imaginations du Caire que devant les réalités de l’histoire». Parce que « …ce n’est pas par l’Orient que l’Orient se sauvera physiquement, mais par l’Occident, qui, lui-même, trouvera alors nourriture dans la civilisation de l’Orient.» Bourguiba en serait l’exemple à suivre. «Les Français (lui en l’occurrence)…ne peuvent en tout cas soutenir l’aile, extrémiste dans ses actions, rétrograde dans la doctrine, du mouvement arabe.» «Ils (Camus) se prononcent pour la personnalité arabe en Algérie, non pour la personnalité égyptienne. Et ils (Camus) ne se feront pas les défenseurs de Nasser sur fond de tanks Staline ni de Franco prophète de l’Islam et du dollar. En bref, ils ne peuvent être les fossoyeurs de leurs convictions et de leur pays.» Alors, viendra la reconnaissance de «la personnalité arabe» par «la personnalité française». Cette reconnaissance a une condition «il faut pour cela que la France existe».

La chute de la chronique camusienne peut survenir. Il s’est expliqué et peut oser cette phrase : « … nous, qui demandons aujourd’hui la reconnaissance de cette personnalité arabe, restons en même temps les défenseurs de la vraie personnalité française, celle d’un peuple qui, dans sa majorité, et seul parmi les grandes nations du monde, a le courage de reconnaître les raisons de l’adversaire qui présentement le combat à mort. Un tel pays, qu’il est alors révoltant d’appeler raciste à cause des exploits d’une minorité, offre aujourd’hui, malgré ses erreurs, payées au demeurant de trop d’humiliations, la meilleure chance d’avenir au peuple arabe».

Toute la détresse du militant de gauche, pied-noir dans l’âme, s’étale. Il n’aura convaincu personne. L’exclusion des Algériens dans ses livres est le symptôme de la déchirure qu’il vit, entre son vécu et une réalité sociale qu’il voudrait plus tranquille, au prix de l’acceptation de la ségrégation colonialiste. Surtout qu’il s’agit, pour lui, de justifier son attitude qui ne ressemble ni à celle de ceux qui se battent ni à celle de ceux qui les soutiennent ni à celle des colonialistes (qu’il n’évoque, étrangement, pas dans sa problématique).
Bien avant lui, des communistes pieds-noirs ont refusé, contre les orientations léninistes, l’indépendance, soit ouvertement en brandissant la peur d’un gouvernement arabe, soit en proposant l’émancipation dans une France socialiste, soit en demandant de différer l’objectif en arguant que l’Algérie était encore une «nation en formation».

Par Ahmed Halfaoui, Les débats
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MessageSujet: Re: Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.   Lun 5 Avr 2010 - 18:24

gravi a écrit:
Le debat sur la Camus n'a rien a voir avec l'arabisation, c'est reducteur de le penser ainsi. Il se trouve que l'essentiel des initiateurs sont des francophones pur cru. Ceci pour dire qu'il faut s'informer d'abord et eviter de prendre des raccourcis confortables.
Voila un article qu'il aurait fallu lire:

Bonjour gravi, et bienvenu parmi nous Smile

Pour commencer, je tiens à te signaler que jamais un débat ne peut être réducteur de la pensé, bien au contraire, et cela, quelque soit la variété des idées et des concepts.

Et puisque la vérité absolue n'existe pas, on essaye toujours de partir d'un postulat, et c'est toujours la synthèse et l'analyse de ce qui se dit qui nous donne au moins la possibilité de nous rapprocher de la vérité.

J'ai fait exprès de mentionner la réticence des arabophones vis à vis l'adoption de "l'algérianité " de Camus, car ce débat vient à un moment où des questions sur notre propre identité touchent son paroxysme, donc ce débat vient au coeur d'un débat sur notre algérianité.

Ce qui est encore plus intéressant est que Camus s'est déjà intéressé à cette identité, et tu n'as qu'à relire ce tu as écrit pour me comprendre.

Citation :
Camus projette, alors, sa vision de l’«avenir arabe», tout «respectable» qu’il le considère. Il le pense « …commandé par l’accession rapide des peuples musulmans à des conditions de vie modernes… » et compromis «par un mouvement plus aveugle qui, sans souci des besoins matériels immenses de masses tous les jours multipliées, rêve d’un panislamisme qui se conçoit mieux dans les imaginations du Caire que devant les réalités de l’histoire». Parce que « …ce n’est pas par l’Orient que l’Orient se sauvera physiquement, mais par l’Occident, qui, lui-même, trouvera alors nourriture dans la civilisation de l’Orient.» Bourguiba en serait l’exemple à suivre. «Les Français (lui en l’occurrence)…ne peuvent en tout cas soutenir l’aile, extrémiste dans ses actions, rétrograde dans la doctrine, du mouvement arabe.» «Ils (Camus) se prononcent pour la personnalité arabe en Algérie, non pour la personnalité égyptienne. Et ils (Camus) ne se feront pas les défenseurs de Nasser sur fond de tanks Staline ni de Franco prophète de l’Islam et du dollar. En bref, ils ne peuvent être les fossoyeurs de leurs convictions et de leur pays.» Alors, viendra la reconnaissance de «la personnalité arabe» par «la personnalité française». Cette reconnaissance a une condition «il faut pour cela que la France existe».

Voilà une vision qui gène beaucoup les arabophones, et qui fait qu'ils s'opposent énergiquement au passage de la caravane Camus en Algérie, car reconnaitre Camus s'est reconnaître ce courant qui veut que l'Algérie se rapproche plutôt de l'occident que du monde arabe.

Merci gravi, ce fut un plaisir de débattre avec toi.
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Camus pris au piège dans le tiraillement arabo-francophone.
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