Le tueur en série Michel Fourniret a été mis en examen jeudi pour
l'assassinat d'une femme en 1988, qui lui avait permis de s'emparer du
trésor du gang des "Postiches", rapporte son avocat Pierre Blocquaux.
Surnommé par la presse "l'Ogre des Ardennes",
Michel Fourniret, 67 ans, en prison depuis 2003, est poursuivi pour
"assassinat et recel de vol à main armée" dans ce dossier instruit à
Versailles.Son épouse Monique Olivier, 60 ans, a déjà été mise
en examen pour "complicité" de ces crimes le 25 mai dernier, selon le
parquet.Ce dossier est susceptible de déboucher sur un nouveau
procès de ce couple unique dans les annales criminelles, s'il est
validé procéduralement. La défense entend en effet soutenir que les
faits sont trop anciens et donc prescrits.Michel Fourniret et
Monique Olivier ont été condamnés en mai 2008 à perpétuité pour sept
meurtres de jeunes filles entre 1987 et 2001, avec des mesures de
sûreté rendant impossible toute libération anticipée.Dans le
dossier de Versailles, Michel Fourniret a déjà reconnu avoir tué Farida
Hammiche, compagne de son ancien compagnon de cellule Jean-Pierre
Hellegouarch, pour s'approprier le butin d'un célèbre gang de l'époque,
les "Postiches".À COUPS DE BAÏONNETTEJean-Pierre
Hellegouarch, truand chevronné, et Michel Fourniret, alors condamné
pour attouchements sexuels, s'étaient rencontrés en 1984 à la prison de
Fleury-Mérogis. Le premier avait fait confiance au second en lui
confiant qu'il avait dissimulé un trésor issu d'attaques de banques.Michel
Fourniret étant libéré en premier, il l'avait envoyé à sa compagne
Farida Hammiche, avec pour consigne de déterrer et partager avec elle
le trésor, des lingots et pièces d'or enterrés dans un cimetière du
Val-d'Oise.Après avoir récupéré le trésor, en avril 1988, Michel
Fourniret a dit avoir tué Farida Hammiche à coups de baïonnette avec
l'aide de Monique Olivier et avoir enterré son corps dans une forêt
proche de Clairefontaine (Yvelines).Avec l'argent, le couple
s'était acheté le manoir du Sautou dans les Ardennes, où il a ensuite
enterré d'autres victimes. Jean-Pierre Hellegouarch n'a jamais pu
retrouver les Fourniret.La justice n'a pas joint ce dossier au
premier procès et l'enquête à Versailles est donc menacée de
prescription, les faits excédant la période de dix ans après laquelle
on ne peut en théorie plus poursuivre.Le parquet soutient que
les faits sont liés à un "recel de vol", qui n'est pas prescrit, et
veut donc un procès. Des recherches ont été menées ces derniers mois
par la police avec Fourniret pour retrouver le corps de Farida
Hammiche, en vain.Les Fourniret sont aussi susceptibles d'être
jugés à Paris pour deux autres crimes, concernant Marie-Angèle Domèce,
une handicapée de 19 ans disparue le 8 juillet 1988 à Auxerre, et
Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans étranglée en mai 1990 au même
endroit.Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser