Les bijoux kabyles de Beni Yenni
Les bijoux kabyles sont fascinants et leurs succès dépassent les frontières de la Kabylie et de l'Algérie même. Le
bijou kabyle est indissociable des costumes que portent les femmes
kabyles. Il joue un rôle essentiel dans la vie sociale féminine. Ces
bijoux en argent, finement ciselés, filigranés, rehaussés de pierres de
corail proviennent du village de Beni Yenni. La
fabrication restant le plus souvent traditionnelle, les bijoux sont
travaillés avec art sur une minuscule enclume qui demande un doigté
d'exception. La particularité des bijoux kabyle est la
présence d’émaux de couleurs différentes (bleus, verts, jaunes) qui
contrastent avec le rouge vif du cabochon en corail serti. L'émail
(pratiquée pour colorer les bijoux) est une poudre qui se compose en
général de sable, de minium, de potasse, et de soude finement broyés. La
technique de l'émaillage est réalisé en prenant soin de délimiter les
parties à teindre en soudant des fils en argent. L’artisan kabyle est
un orfèvre, il a une très grande connaissance de son travail allant
jusqu'à obtenir de très subtiles variantes de couleurs.
Il existe différents bijoux kabyles typiques qui sont les suivants :- L'ihelhalen : Signifie les chevillères. Elles peuvent être de grande
dimension et se distinguent par une absence de décoration émaillée sur
le corps principal de l'objet. Un gros cabochon de corail ceint de
boules en argent vient compléter l'ornementation de la chevillère. - Le ddah ou amesluh est un bracelet plus petit que la chevillère. il est émaillé ou gravé sur plomb. -
Les fibules se fixent sur l'étoffe par un ardillon à l'intérieur duquel
coulisse un anneau. Il en existe de nombreux types, tels que les
idwiren et les taharaht qui sont de petites tailles. Les tibzimin quant
à elles, sont des fibules de grandes tailles et les ibzimen des fibules
triangulaires. Le tabzimt, enfin, est la pièce maîtresse de la parure
kabyle. C'est une grande fibule ronde richement décorée et qui se porte
sur la poitrine. Cet objet comporte de nombreux filigranes. des émaux,
des boules d’argent et une multitude de coraux. - Le
taessaht est un diadème qui est devenu très rare de nos jours. Il était
destiné à orner le front. Il présente une décoration faite d'émaux, de
gros cabochons de corail ainsi que de boules d'argent. -
Les boucles d’oreille sont de plusieurs types : On retouve les letrak
qui sont des boucles d'oreille de type très ancien qui présentent un
anneau ovale orné à l'extrémité par des sertissages de corail et
d'émaux. Le tigwedmatin est un autre type de boucles d'oreille. Il est
composé d'anneaux ornés par du corail aux extrémités, et sont
agrémentées de plaques rondes émaillées et pourvues de pendeloques
allongées. Les techniques de fonte et de moulage de
l'argent remontent à l'antiquité. Elles étaient courantes dans toute
l'Afrique du Nord. La bijouterie de petite Kabylie, proche sur de
nombreux points de celle des Aurès, en est l'héritière directe. La
parure complète que doit posséder la mariée de Kabylie est constituée
des bracelets, chevillières, boucles d'oreille, du pendentif et du
diadème. Ces bijoux anciens sont très lourds, mais les femmes ne les
enlevaient jamais, même quand elles se consacraient aux tâches les plus
rudes.
Source Dziriya
Et maintenant une petite vidéohttp://www.youtube.com/watch?v=VD7YKwxf-58